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La « Carroña» de Javier Pérez (né à Bilbao en 1968) est une œuvre riche de symboles et d’associations d’idées à observer au travers du prisme de la métaphore. Elle révèle la passion de son créateur pour la nature cyclique de la vie et les séquelles laissées par le temps sur le corps et l’esprit.

Ce lustre rouge en verre soufflé de  Murano fracassé au sol que 10 corbeaux semblent dévorer à l’instar d’une charogne frappe d’abord l’œil par une impression de fort contraste de matières et de couleurs. Rouge et noir, plumes et verre renvoient le spectateur aux paradoxes de la nature humaine : pureté et impureté, beauté et horreur, force et fragilité, corps et esprit.

Carrona_Javier Perez_Berengo

D’anciennes fables veulent que le plumage initialement immaculé des oiseaux ait été noirci en punition de leur vanité excessive. Ils incarnent ici la faute et la culpabilité.

La délicatesse du lustre brisé en proie aux volatiles, sa couleur sang et la sensation de perte irrémédiable, de dépassement d’un point de non-retour qui s’en dégagent peuvent quant à elles être interprétées comme une métaphore de l’histoire et de son effondrement : l’homme contemporain, incapable de rassembler les fragments perdus de son passé, ne peut se projeter dans l’avenir. 

Cette construction métaphorique complexe illustre la tendance post-moderne qui ne voit dans la mort aucune promesse de résurrection et dans la perte de la culture artistique classique aucune promesse de progrès ni de renouveau. Ainsi, les corbeaux qui s’emparent de ces brisures du monde ancien extirpent la matière de son contexte originel.

Carroña,
Javier Pérez 2011
Copyright Photo : ©Francesco Allegretto


L’œuvre est présentée au Musée Maillol jusqu’au 28 juillet

Lors de votre visite au Musée, prolongez votre immersion à Venise en découvrant la carte de notre restaurant : La Cortigiana.

Au Menu, des saveurs typiques de Venise et sa région. La spécialité de la "saison" à déguster de tout urgence ? Le Risi e bisi (risotto aux petits pois et pancetta) !

musée maillol restaurant italien cortigiana

A noter que des formules aux prix alléchants sont également proposées et qu’il est désormais possible de prendre table à la Cortigiana sans pour autant visiter l’exposition. Le restaurant du Musée est ouvert tous les jours le midi et le vendredi soir lors de la nocturne du Musée.

Réservations / informations : 01 42 22 27 77 / restaurant@museemaillol.com

Pour prolonger l'exposition, découvrez le hors-série Connaissance des Arts – Murano. Il parcourt sept siècles d'histoire de Murano, l'île vénitienne qui a fait du verre sa spécialité depuis la Renaissance. Verres anciens et verres contemporains se côtoient ici pour révéler l'inventivité constante dont ont fait preuve des dynasties de maîtres verriers. 36 pages pour revivre l'exposition à la maison ! 

Hors-série connaissance des arts - Murano

Retrouvez le hors-série Connaissance des Arts – Murano à la boutique du Musée !

Datée de la seconde moitié du 19ème siècle, cette table conçue par Antonio Salviati est une illustration parlante de la diversité des influences qui inspirèrent les verriers de Murano ainsi que de l’innovation technique dont ils firent inlassablement preuve au cours de l’histoire. 

table-emeaux-aventurine

Les influences orientales

On retrouve, en observant les motifs du plateau de marbre de Belgique, les influences islamiques qui inspirèrent notamment les arabesques d’aventurine sur fond d’émail rouge. Ce type de motifs est une réminiscence des tendances stylistiques de la renaissance.

Les cercles situés au centre du plateau, également faits d’aventurine et d’émeaux de couleurs diverses, sont quand à eux d’inspiration Byzantine. On les retrouve par exemple sur la facade et les mosaïques de la basilique Saint-Marc de Venise. 

La technique de la mosaïque

Antonio Salviati prit activement part au développement  du travail des mosaïques de verre, notamment en ouvrant au sein de sa manufacture un atelier dédié à cette technique particulière en 1859 avec l’appui du maître verrier Lorenzo Radi, spécialisé dans la technique consistant à travailler le verre afin qu’il prenne l’apparence de pierres précieuses. 1859 marque donc le départ d’une large production de mosaïques destinées à orner bâtiments et mobilier.  En 1862, Salviati présenta une réalisation similaire à cette table à l’Exposition Universelle de Londres, attestant de l’innovation tant artistique que technique dont témoignait ce type d’oeuvre. 

La technique de l’incrustation de pâtes de verre travaillées sur une matière comme le marbre ou le bois était appellée par les verriers de Murano travail “à la Toscane”, en référence à la Florence des Médicis. Cette méthode de travail se répandit et devint florissante durant la seconde moitié du 19ème siècle sur l’île des verriers, à tel point que Napoléon Ier et Caroline-Auguste de Bavière se procurèrent du mobilier de ce style.

Table décorée d’émaux et aventurine
Antonio Salviati, 1865
Copyright photo : Roberto Mascaroni – Studio Saporetti, Milano

 

Le catalogue de notre exposition "Murano, chefs-d'œuvre de verre de la Renaissance au XXIe siècle" est disponible. 

catalogue

228 pages qui retracent l’extraordinaire aventure du verre de Murano en parcourant sept siècles de création intense, du milieu du XVe siècle à nos jours. 

Murano, Fragile, exposition au musée Maillol jusqu'au 28 juillet




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Exposition permanente – Aristide Maillol
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